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Élections, Pen Macron

J'ai beaucoup tardé à vous écrire un article et comme je ne l'ai pas fait depuis longtemps je vais couvrir les élections présidentielles passées. J'aurais aimé faire une redite de mon dernier article sur les présidentielles de 2002Le Pen se retrouvait déjà au second tour mais en 15 ans, beaucoup de choses ont changé.

Le Pen au second tour

En 2002, l'arrivée de Le Pen au second tour, concéquence de la campagne sécuritaire de Chirac (qui n'a pas vraiment cessé depuis) a été un choc. Le candidat au score le plus médicore de l'histoire a soulevé dans tous le pays des manifestations contre lui. À la Réunion, île d'immigrés, le candidat du racisme n'avait pas la cote et j'en parlais dans mon article.

En 2015, Le Pen est toujours en campagne à la tête du Front National mais c'est une femme, et elle est plus jeune que son père. Elle a aussi troqué les idées brunes de son père contre un psœudo Marine qui donne un coup de fouet marketing à toutes ses campagnes. Bien que toujours démago, son discours est plus policé ce qui permet à la fille Le Pen de se rendre dans les DOM sincèrement pour aller y chercher des voix. À la Réunion ce fut chose faite en 2016, dans le cadre de sa campagne présidentielle lors d'un voyage où elle s'arrêta aussi à Mayotte. Son arrivée au second tour n'a pas ému grand monde à part les perdants du premier tour et son score à la Réunion dépasse même celui de la métropole ce qui montre qu'elle a su séduire quelques un des immigrés de l'île.

France
participation 74,56 %
Emmanuel Macron 66,10 %
Marine LE PEN 33,90 %
Réunion
participation 62,91 %
Emmanuel Macron 60,26 %
Marine LE PEN 39,74 %

Non vraiment, les Le Pen se suivent mais ne se ressemblent pas.

L'Outre-Mer bien plus visible

Le thème de campagne de 2002 était un thème unique, c'était la sécurité. En 2017, il y a eu de noubreux rebondissements et la montée en flèche d'un candidat qui entré en campagne sans parti et qui est parti sans programme a redistribué les cartes. Dans ce chamboulement des cartes l'Outre-mer s'est retrouvé un peu plus convoité par tous les candidats et nombreux sont ceux qui sont venus à la Réunion de François Asselineau dès 2015 à Jean-Luc Mélenchon en avril dernier et en hologramme. L'histoire dira si ces candidats sont venu écouter ces français très loin de Paris ou s'ils sont juste venus montrer leur bouille et demander des voix. les DOM TOM étaient en tout cas bien présent dans les programmes de plusieurs candidats ce qui les a rendu plus visibles (les candidats comme les régions ultramarines). Pour savoir si cela changera la vie des Réunionnais on peut se souvenir du déplacement de campagne du maintenant Président de la République Emmanuel Macron qui proposait aux Réunionnais, pas de « promesses » mais prendra « des engagements réciproques ». Autrement dit on va peut-être discuter, c'est un début.

Il faut aussi avouer que le thème de campagne le plus suivit cette année a été le le thème de la probité, plutôt de la non probité de l'un des candidats. La candidate Le Pen aurait aussi pu en faire les frais puisque son parti s'est aussi illustré dans l'utilisation d'emplois fictifs d'assistants parlementaires européens mais les frasques de l'autre candidat étaient plus rigolos.

Le prix des voix

Ce qui me pousse à couvrir cet évenement qui dure depuis des mois est la publication des comptes de campagne par la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP), créée en 1990 par des politiciens qui voulaient montrer leur probité. L'étude de ces comptes de campagne détaillés révèlent plusieurs nouveautés.

Ce n'est pas une surprise mais L'info.re détaile l'information en révélant que le vainqueur est celui qui a dépensé le plus. Le candidat Emmanuel Macron a dépensé plus de 16 millions d'euros en publicité de toute sorte alors que le plus frugal des candidats, Jean Lassale n'a investi (que) 257 289 euros dans sa campagne pour l'élection présidentielle.

Autre révélation qui peut venir comme une surprise, la campagne de Monsieur Emmanuel Macron a été financée à hauteur de 1 million d'euro de dons tandis que Monsieur Jean-Luc Mélanchon a levé près du triple de cette somme. Alors que Monsieur Macron présentait son entrée en campagne par sa popularité que prouve de nombreux dons spontanés, le leader de la France Insoumise montre que cette spontanéité populaire n'est que toute relative. À la Réunion en tout cas, c'est bien ce dernier le plus populaire puisqu'il est arrivé en tête au premier tour avec presque un quart des votes exprimés. Cela n'a pas été suffisant pour lui faire franchir la barre du second tour au niveau national.

Les levées de fond en détail, un an après

Comme pour corroborer mes conclusions hâtives sur la popularité supposée du candidat Emmanuel Macron en début de campagne présidentielle, une belle enquète de France Inter met en lumière, un an après la stratégie de financement de la campagne: Cible les gros donnateurs pour avoir beaucoup d'argent le plus vite possible, ce malgré les plafonds que la loi impose aux donnateurs particuliers. Un secret d'info à réécouter.