La guerre contre les Anglais
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A la révolution, les Français possèdent l'ensemble des îles de l'archipel des Mascareignes. l'île Bourbon (Réunion), l'île de France (Maurice) et Rodrigues, sont toutes trois des étapes stratégiques sur la route des Indes et les Anglais sont les maîtres sur la mer. Ils convoitent donc ces îles.
La révolution française ne marque pas ces îles. L'abolition de l'esclavage par la convention en 1784 n'y est jamais appliquée. Tout juste doit-on changer le nom de Bourbon en Réunion pour qu'elle ne porte pas le nom de la monarchie déchue.
La Réunion dans l'Empire napoléonien
Mais l'avenement de l'Empire marque une période difficile pour la Réunion et pour toutes les Mascareignes.
Les rivalités franco-britaniques pour la maîtise de la route des Indes sont énormes. Elles sont à l'origine de la campagne d'Egypte qui se solde par une victoire du Général Nelson sur le Général Kleber. Les comptoirs en Inde sont eux aussi disputés, mais les combats les plus intenses sont des batailles navales. Le légendaire corsaire Surcouf ainsi que l'amiral Linois et le général Decean s'y illustrent. Le Général Decaen débarque alors à Port-Louis, capitale de l'île de France, le 15 août 1803 comme gouverneur des îles. Il doit subir un blocus anglais que les corsaires combattent ardemment.

La prise du Kent par Robert Surcouf dans le golfe du Bengale, le 7 octobre 1800.
Tableau par Ambroise Louis Garneray (1850)
La prise de la Réunion par les Anglais
Quand il prend ses fonctions, Decaen dispose de 1500 hommes sur l'île de France et 500 à l'île de la Réunion (qu'il rebaptise Bonaparte). Il ne peux pas lancer de campagne sur l'Inde mais s'efforce de trouver des alliés.
En 1809, les Anglais s'emparent de la plus petite des Mascareignes : Rodrigues. Ils y concentrent dix mille hommes et se servent de la petite île comme base pour fondre sur la Réunion qu'ils prennent en juillet 1810. Le chemin qu'ils emprunteront pour marcher de leur lieu de mouillage vers la capitale Saint-Denis, portera le nom de chemin des Anglais.
Suite à cela, en août 1810 la marine française remporte sa plus grande victoire navale de toutes les guerres de l'Empire et coulent 4 frégates anglaises au Grand Port. Fallait pas les énerver en prennant la Réunion…
La prise de l'île Maurice
Cela n'a pas suffisement affaiblit la puissante marine anglaise qui, finalement, fin novembre envoie quinze mille soldats britaniques et indiens vers l'île de France (Maurice). Les 1.800 Français présents livrent un dernier vaillant combat ce qui permetra au Général Decaen de négocier une capitulation honorable. Il regagnera la France en décembre 1810.
En moins de deux ans, l'archipel des Mascareignes avait changé de main.
Le traité de Paris
Le 30 mai 1814 le traité de Paris est signé et la France retrouve ses frontières de 1792. Elle retrouve aussi une partie de ses dépendances que les anglais avait conquises : la Guadeloupe, la Martinique et la Réunion. Les Anglais conserveront les îles Maurice et Rodrigues qui resteront colonies britaniques jusqu'à leur indépendance le 12 mars 1968.
Après le retour de Napoléon, la période de cent jours et sa deuxième capitulation, le deuxième traité de Paris du 20 novembre 1815 fut plus sévère et la France perdit quelques territoires comme Annecy, Chambery, Sarrebruck ou Landau, mais les îles créoles restent françaises.
La France ayant perdu Maurice et Haïti durant ces guerres d'Empire, vont compter, entre autre, sur la Réunion (qui s'appelle à nouveau Bourbon après la restauration de la royauté) pour répondre à ses besoins en sucre. La production de canne à sucre va fortement augmenter et une certaine période de prospérité va suivre ces temps de crise. Mais l'esclavage est toujours présent.